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ALAT (transaminase) élevée : taux normal et que faire

ALAT (SGPT/TGP), la transaminase la plus spécifique du foie : taux normal, causes d'une ALAT élevée, différence avec l'ASAT et quand s'inquiéter. Guide clair et sourcé.

Mis à jour le 24 juin 20268 min de lectureRédigé par l'Équipe Blood Analysis · Relu et vérifié par Julien Priour

L'ALAT (alanine aminotransférase, anciennement SGPT ou TGP) est une enzyme du foie. C'est la plus spécifique des deux transaminases : quand elle est élevée, c'est presque toujours le foie qui parle — contrairement à l'ASAT, qu'on trouve aussi dans les muscles et le cœur. Ce guide explique le taux normal de l'ALAT, ce que signifie une ALAT élevée, sa différence avec l'ASAT, et quand il faut s'inquiéter. L'ALAT fait partie du bilan hépatique, où l'on trouve aussi la vue d'ensemble des transaminases et le détail de comment les faire baisser.

En bref

  • L'ALAT (= SGPT = TGP) est une enzyme des cellules du foie ; elle passe dans le sang quand ces cellules sont abîmées.1
  • C'est la transaminase la plus spécifique du foie : une ALAT élevée pointe presque toujours vers le foie, là où l'ASAT peut venir des muscles ou du cœur.1
  • Repère usuel : ALAT ≈ < 35–45 UI/L (un peu plus haut chez l'homme) — variable selon le laboratoire.21
  • Une élévation modérée (moins de 5 fois la normale) est fréquente et souvent bénigne ; une élévation majeure (> 10–15 fois) justifie un avis rapide.1
  • La 1ʳᵉ cause d'ALAT modérément élevée est le foie gras métabolique (MASLD), souvent réversible par la perte de poids et l'activité physique.34
  • Une ALAT ne se lit jamais seule : c'est le profil (avec ASAT, GGT, bilirubine) et votre contexte qui orientent — voir le bilan hépatique.

Qu'est-ce que l'ALAT ?

L'ALAT (alanine aminotransférase) est une enzyme présente surtout à l'intérieur des cellules du foie (les hépatocytes). Lorsque ces cellules sont endommagées, elles libèrent l'ALAT dans le sang : son taux s'élève. C'est le marqueur clé de la cytolyse hépatique (l'atteinte des cellules du foie).1

Elle porte plusieurs noms — ALAT = SGPT = TGP —, qui désignent exactement la même enzyme ; les anciens sigles SGPT/TGP restent fréquents sur les comptes rendus. Ce qu'il faut retenir, c'est sa spécificité : parmi les deux transaminases, l'ALAT est la plus « hépatique ». Une ALAT élevée oriente donc vers le foie bien plus sûrement qu'une ASAT, que l'on trouve aussi ailleurs (muscles, cœur, globules rouges).1

Pourquoi doser l'ALAT ?

  • dépister ou explorer une atteinte du foie (fatigue, anomalie de bilan, facteurs de risque) ;
  • surveiller la tolérance hépatique d'un médicament (beaucoup imposent un contrôle de l'ALAT) ;
  • repérer un foie gras métabolique chez une personne en surpoids, diabétique ou avec un syndrome métabolique ;3
  • suivre une maladie hépatique connue.

Valeurs normales de l'ALAT

ParamètreValeur usuelle (adulte)
ALAT (SGPT / TGP)≈ < 35–45 UI/L

À savoir : ces seuils varient selon le laboratoire, le sexe et l'âge (souvent un peu plus hauts chez l'homme). La référence qui compte est celle de votre compte rendu. Des travaux récents suggèrent qu'une ALAT « vraiment normale » serait plus basse que les seuils habituels — de l'ordre de 29–33 UI/L chez l'homme et 19–25 UI/L chez la femme —, et de grandes cohortes proposent des seuils encore plus bas (≈ 21 UI/L chez l'homme, 17 UI/L chez la femme), ce qui invite à explorer des valeurs autrefois jugées limites.15

Interpréter vos résultats

ALAT élevée : que comprendre ?

Une ALAT élevée traduit une souffrance des cellules du foie. Deux éléments comptent : l'ampleur et le contexte.1

  • Élévation modérée (moins de 5 fois la normale) : très fréquente, souvent liée au foie gras ou à un facteur passager ; elle se recontrôle et s'explore sans précipitation.
  • Élévation marquée (5 à 10 fois) : justifie une enquête plus rapide.
  • Élévation majeure (> 10–15 fois) : oriente vers une atteinte aiguë (hépatite virale, toxique/médicamenteuse) et impose un avis médical rapide.

Les causes les plus fréquentes d'une ALAT élevée sont les mêmes que celles des transaminases en général : foie gras métabolique (MASLD) en tête, puis alcool, médicaments et compléments, hépatites virales, et des causes plus rares (hémochromatose — voir le bilan martial —, hépatite auto-immune…). L'alcool élève les transaminases, classiquement avec une ASAT supérieure à l'ALAT et une GGT haute ;6 de très nombreux médicaments peuvent aussi être en cause (atteinte hépatique médicamenteuse, ou DILI), un diagnostic d'exclusion à évoquer en cas de polymédication.7 Le détail complet figure dans le bilan hépatique.1

ALAT ou ASAT : quelle différence ?

C'est la question clé. L'ALAT est quasi spécifique du foie. L'ASAT, elle, existe aussi dans les muscles, le cœur et les globules rouges : une ASAT isolément élevée peut donc venir d'un effort physique intense, d'une atteinte musculaire ou cardiaque, et pas seulement du foie. Quand le foie est en cause, les deux montent souvent ensemble ; leur rapport (le rapport ASAT/ALAT, dit de De Ritis) aide alors à orienter (voir l'article ASAT).1

Et les symptômes ?

Le plus souvent, une ALAT élevée est silencieuse : pas de douleur, d'où sa découverte fortuite. Certains signes doivent faire consulter sans tarder : jaunisse, urines foncées, selles décolorées, douleur sous les côtes à droite, fatigue majeure. Ils n'établissent pas un diagnostic à eux seuls, mais ils orientent l'urgence et la première démarche d'exploration (interrogatoire, examens, imagerie).8

Comment faire baisser une ALAT élevée

La règle : on traite la cause, on ne « fait pas baisser un chiffre ». Quand l'origine est un foie gras (MASLD) — le cas le plus fréquent —, le levier de première ligne est la perte de poids et l'activité physique : une perte de 7 à 10 % du poids améliore nettement le foie, et l'association diète + exercice réduit significativement l'ALAT.43 On revoit aussi l'alcool et les médicaments avec son médecin. Il n'existe ni « détox » miracle ni résultat « en quelques jours » : comptez plutôt des semaines à quelques mois, avec un contrôle sanguin. Le détail des leviers est développé dans le bilan hépatique.

Facteurs d'influence

L'ALAT dépend du poids et du métabolisme (foie gras), de l'alcool, des médicaments et compléments, d'une éventuelle hépatite, et — plus faiblement que l'ASAT — de facteurs musculaires. Le sexe influence le seuil (valeurs un peu plus hautes chez l'homme). Signalez vos traitements à votre médecin.

Avancées récentes de la recherche

D'après des publications récentes indexées sur PubMed :

  • Un seuil « normal » revu à la baisse. Plusieurs travaux suggèrent qu'une ALAT réellement normale est plus basse que les seuils historiques (jusqu'à ≈ 21 UI/L chez l'homme et 17 chez la femme dans de grandes cohortes), ce qui conduit à explorer des valeurs autrefois jugées limites — surtout en contexte métabolique.15
  • Foie gras (MASLD) : le mode de vie d'abord. Depuis 2023, l'ancien terme NAFLD a été remplacé par MASLD (centré sur le dysfonctionnement métabolique),9 et les recommandations européennes 2024 confirment la perte de poids et l'activité physique comme socle du traitement, première cause d'ALAT élevée.3 Une méta-analyse montre que diète et exercice combinés abaissent l'ALAT et l'ASAT.4
  • Médicaments : penser au DILI. L'atteinte hépatique médicamenteuse reste un diagnostic d'exclusion, parfois grave, qu'il faut évoquer devant toute élévation inexpliquée des transaminases, surtout en cas de polymédication.7
  • Une enzyme à lire dans le contexte cardiométabolique. L'élévation de l'ALAT est fortement associée au syndrome métabolique et au diabète de type 2, ce qui justifie de la replacer dans le bilan global.1011

Ces résultats concernent l'interprétation et la prise en charge ; ils n'autorisent aucune automédication et ne remplacent pas l'avis de votre médecin.

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Une ALAT ne se lit jamais seule : son sens dépend de l'ASAT, de la GGT, de la bilirubine et de votre contexte — poids, alcool, médicaments, glycémie (bilan hépatique). C'est ce croisement qui donne sa vraie valeur au résultat.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'ALAT sur une prise de sang ?
C'est une enzyme du foie (alanine aminotransférase). Quand des cellules hépatiques sont abîmées, elle passe dans le sang : une ALAT élevée signale une souffrance du foie.
ALAT, SGPT, TGP : est-ce la même chose ?
Oui, ce sont trois noms de la même enzyme. Les sigles SGPT et TGP, plus anciens, figurent encore sur beaucoup de comptes rendus.
Quel est le taux normal d'ALAT ?
En repère usuel, environ < 35–45 UI/L chez l'adulte (un peu plus haut chez l'homme). Les seuils varient selon le laboratoire ; fiez-vous à votre compte rendu.
Quelle est la différence entre ALAT et ASAT ?
L'ALAT est quasi spécifique du foie. L'ASAT existe aussi dans les muscles et le cœur : une ASAT isolément haute peut venir d'un effort intense, pas forcément du foie.
Une ALAT élevée, quand s'inquiéter ?
Une élévation modérée (moins de 5 fois la normale) est fréquente et souvent bénigne. Une élévation majeure (> 10–15 fois), ou avec jaunisse, urines foncées ou grande fatigue, justifie un avis médical rapide.
Comment faire baisser son ALAT ?
En traitant la cause : si c'est un foie gras, perte de poids et activité physique sont les plus efficaces ; on revoit alcool et médicaments avec le médecin. Pas de « détox » miracle. Détails dans le bilan hépatique.

À retenir

L'ALAT (SGPT/TGP) est la transaminase la plus spécifique du foie : élevée, elle pointe presque toujours vers une souffrance hépatique. Retenez le repère (≈ < 35–45 UI/L, variable selon le labo), qu'une élévation modérée est souvent bénigne alors qu'une élévation majeure demande un avis rapide, et que la première cause — le foie gras (MASLD) — est souvent réversible par le mode de vie. À la différence de l'ASAT, elle vient rarement des muscles. Aucune valeur ne se lit seule : c'est l'ensemble de vos marqueurs et de votre profil qui compte — ce que permet AI DiagMe, en complément de votre médecin.

Sources

Sources officielles et publications scientifiques (PubMed) utilisées pour ce guide :

Footnotes

  1. Kwo PY, Cohen SM, Lim JK. ACG Clinical Guideline: Evaluation of Abnormal Liver Chemistries. American Journal of Gastroenterology, 2017. PubMed · DOI 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

  2. Assurance Maladie (Ameli) — Bilan hépatique, transaminases et examens du foie. ameli.fr

  3. European Association for the Study of the Liver (EASL-EASD-EASO). Clinical Practice Guidelines on the management of metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease (MASLD). Journal of Hepatology, 2024. PubMed · DOI 2 3 4

  4. Fernández T et al. Lifestyle changes in patients with non-alcoholic fatty liver disease: A systematic review and meta-analysis. PLoS One, 2022. PubMed · DOI 2 3

  5. Wu WC, Wu CY, Wang YJ, et al. Updated thresholds for serum alanine aminotransferase level in a large-scale population study composed of 34 346 subjects. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2012. PubMed · DOI 2

  6. Torruellas C, French SW, Medici V. Diagnosis of alcoholic liver disease. World Journal of Gastroenterology, 2014. PubMed · DOI

  7. Hosack T, Damry D, Biswas S. Drug-induced liver injury: a comprehensive review. Therapeutic Advances in Gastroenterology, 2023. PubMed · DOI 2

  8. Fargo MV, Grogan SP, Saguil A. Evaluation of Jaundice in Adults. American Family Physician, 2017. PubMed

  9. Rinella ME et al. A multisociety Delphi consensus statement on new fatty liver disease nomenclature. Hepatology, 2023. PubMed · DOI

  10. Younossi ZM et al. The Global Epidemiology of Nonalcoholic Fatty Liver Disease and Nonalcoholic Steatohepatitis Among Patients With Type 2 Diabetes. Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2024. PubMed · DOI

  11. Ghotbi S et al. Evaluation of elevated serum liver enzymes and metabolic syndrome in the PERSIAN Guilan cohort study population. Heliyon, 2024. PubMed · DOI

Avertissement médical. Cette fiche est fournie à titre informatif et éducatif ; elle ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation. Les valeurs de référence varient selon les laboratoires et les techniques : seul votre médecin peut interpréter vos résultats dans votre contexte.