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Plasma sanguin : composition, rôle et différence avec le sérum

Plasma sanguin : composition (eau, protéines, albumine), rôle, différence entre plasma et sérum, tube de prélèvement, don de plasma et usages thérapeutiques. Guide clair et sourcé.

Mis à jour le 26 juillet 202610 min de lectureRédigé par l'Équipe Blood Analysis · Relu et vérifié par Julien Priour

Le plasma sanguin est la partie liquide du sang : il représente un peu plus de la moitié de son volume et sert de « véhicule » à tout ce que le sang transporte — cellules, nutriments, hormones, déchets et protéines. Contrairement aux globules rouges, aux globules blancs et aux plaquettes, ce n'est pas une cellule et ce n'est pas un marqueur qu'on lit sur une analyse : c'est un composant du sang. Ce guide explique ce qu'est le plasma, sa composition, son rôle, la différence entre plasma et sérum, le tube qui sert à l'obtenir, et l'usage du don de plasma.

En bref

  • Le plasma est la fraction liquide du sang : environ 55 % du volume sanguin, les cellules occupant les ~45 % restants.1
  • Il est composé à ~90 % d'eau, le reste étant des protéines (albumine, anticorps, fibrinogène), des électrolytes, des nutriments, des hormones et des déchets.2
  • L'albumine est la protéine la plus abondante : elle maintient l'eau dans les vaisseaux (pression oncotique) et transporte de nombreuses substances.2
  • Plasma vs sérum : le sérum est le plasma débarrassé des facteurs de coagulation (dont le fibrinogène), obtenu après que le sang a coagulé. Le tube de prélèvement détermine l'un ou l'autre.3
  • Le plasma peut être donné et transfusé (plasma frais congelé) ou échangé (plasmaphérèse thérapeutique) lors de certains traitements.45
  • Ce n'est pas un résultat d'analyse : on n'a pas de « taux de plasma ». En revanche, on dose ses composants (albumine, protéines, etc.).

Qu'est-ce que le plasma sanguin ?

Le sang est constitué de deux grandes parties : les cellules (globules rouges, globules blancs, plaquettes) et un liquide dans lequel elles baignent, le plasma. Si l'on centrifuge un tube de sang, les cellules — plus lourdes — se déposent au fond et le plasma, un liquide jaune paille, surnage. Il représente environ 55 % du volume sanguin, contre ~45 % pour les cellules.

Le plasma est avant tout un milieu de transport : il achemine les nutriments (glucose, lipides, acides aminés), les hormones, les gaz, les déchets (urée, etc.) vers les organes qui les utilisent ou les éliminent, et il distribue la chaleur.2 Comme il est fait surtout d'eau, c'est aussi lui qui donne au sang son volume et sa fluidité, indispensables pour qu'il circule dans les vaisseaux et atteigne chaque tissu.

Cette couleur jaune clair est normale : elle vient en partie de pigments comme la bilirubine. La teinte n'est toutefois pas figée. Après un repas riche en graisses, le plasma peut devenir trouble ou laiteux — un aspect appelé lipémie — et certaines situations le colorent différemment. Comme l'apparence renseigne sur ce qui est dissous dans l'échantillon, le laboratoire note souvent si un prélèvement est clair, hémolysé (rosé, quand des globules rouges ont éclaté), ictérique (jaune foncé) ou lipémique avant de l'analyser, car cela peut fausser certains dosages.3

La composition du plasma

ComposantPartRôle principal
Eau~ 90 – 92 %Solvant, transport, régulation thermique
Protéines~ 7 %Albumine, anticorps, facteurs de coagulation
Électrolytes, nutriments, hormones, déchets~ 1 – 2 %Équilibre, énergie, signalisation

Les protéines plasmatiques sont les plus intéressantes sur le plan médical :2

  • l'albumine : la plus abondante. Elle maintient l'eau dans les vaisseaux (la pression oncotique) et sert de transporteur universel (hormones, calcium, médicaments, bilirubine, acides gras). Elle est fabriquée par le foie (voir le bilan hépatique et la fiche albumine) ; au-delà de sa simple concentration, c'est aussi son état fonctionnel (modifications de la molécule) qui peut être altéré au cours de certaines maladies du foie ou de l'inflammation ;6
  • les globulines, dont les anticorps (immunoglobulines), acteurs de l'immunité ;
  • le fibrinogène et les autres facteurs de la coagulation, indispensables à la formation du caillot (voir le fibrinogène et le bilan de coagulation).

À côté des protéines, le plasma transporte aussi des électrolytes (sodium, potassium, chlore, bicarbonate, calcium), des nutriments (glucose, lipides, acides aminés), des hormones et des déchets en route vers les reins ou le foie.1 C'est cette richesse en substances dissoutes qui fait du plasma le miroir chimique de l'organisme.

Plasma ou sérum : quelle différence ?

C'est l'une des confusions les plus fréquentes, et une distinction importante au laboratoire. Les deux sont le liquide du sang débarrassé des cellules, mais ils sont obtenus différemment, et l'un contient quelque chose que l'autre n'a plus :3

  • le plasma est obtenu quand on empêche le sang de coaguler (tube avec anticoagulant) puis qu'on centrifuge : il contient encore le fibrinogène et les facteurs de coagulation ;
  • le sérum est obtenu en laissant le sang coaguler d'abord : le caillot emprisonne le fibrinogène et les facteurs, et le liquide restant — le sérum — en est donc dépourvu.

Autrement dit : sérum = plasma − facteurs de coagulation. Tout le reste — albumine, électrolytes, glucose, hormones, anticorps — est présent dans les deux.

Pourquoi est-ce important ? Parce que le choix du tube décide de ce que reçoit le laboratoire, et chaque analyse exige l'un ou l'autre. Les tests de coagulation (comme le fibrinogène) réclament du plasma et un anticoagulant précis, tandis que de nombreux dosages de biochimie et de sérologie se font sur sérum. C'est justement ce que signalent les couleurs des tubes de prise de sang : chaque bouchon correspond à un additif différent. C'est aussi pourquoi un prélèvement mal réalisé (tube mal rempli, mauvais additif, ou hémolyse lors d'une ponction difficile) peut fausser certains résultats et parfois imposer un nouveau prélèvement.3 Pour visualiser ce qui se passe au fauteuil, voir comment se passe une prise de sang.

À quoi sert le plasma ?

Le plasma n'est pas un liquide passif : son eau et ses protéines remplissent plusieurs missions à la fois.

  • Transport : nutriments, hormones, gaz, déchets, chaleur d'un organe à l'autre.2
  • Maintien du volume sanguin et de la tension : grâce à la pression oncotique de l'albumine, qui retient l'eau dans les vaisseaux ; quand l'albumine chute fortement, le liquide fuit dans les tissus et provoque des œdèmes.2
  • Coagulation : via le fibrinogène et les facteurs (arrêt des saignements) ; leur consommation massive, comme dans la coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), effondre le fibrinogène plasmatique.7
  • Immunité : via les anticorps circulants qui neutralisent les agents infectieux.
  • Équilibre : maintien du pH et des concentrations en sels minéraux (ionogramme).

Comme le plasma transporte tant de choses à la fois, c'est là que le médecin va chercher presque tout ce qu'il veut mesurer dans le sang — mais il mesure les passagers, pas le liquide lui-même.

Le don et la transfusion de plasma

Le plasma a un usage thérapeutique bien réel. On peut le donner par un don dédié : la plasmaphérèse, où une machine prélève le sang, en sépare le plasma et restitue au donneur ses cellules (globules rouges et plaquettes). C'est ce retour des cellules qui permet de donner du plasma plus souvent que du sang total, et qui rend le don plus rapide à récupérer pour l'organisme.4 Pour les conditions d'accès et le déroulé du don en général, voir la fiche don du sang.

Le plasma donné a deux grands usages :

  • Transfusion. Le plasma frais congelé (PFC) est transfusé aux patients qui manquent de facteurs de coagulation — par exemple lors d'une hémorragie grave ou de certaines maladies du foie. Les recommandations récentes insistent sur une évaluation bénéfice/risque et déconseillent les transfusions « préventives » non justifiées.8
  • Médicaments dérivés du sang. Le plasma est la matière première de produits purifiés comme l'albumine, les concentrés de facteurs de coagulation et les immunoglobulines (anticorps), utilisés contre les troubles de la coagulation, les déficits immunitaires et d'autres maladies.4

Dans certaines maladies, on pratique aussi un échange plasmatique (plasmaphérèse thérapeutique) pour retirer du plasma des substances nocives — comme des anticorps pathogènes — et le remplacer par un liquide de substitution (albumine ou plasma de donneur). Les indications validées sont régulièrement actualisées (par ex. le purpura thrombotique thrombocytopénique).9 Il reste un geste invasif réservé à des indications précises et encadré par des équipes spécialisées.5

Vous avez peut-être entendu parler du plasma de convalescent : du plasma prélevé chez des personnes guéries d'une infection, transfusé dans l'espoir que leurs anticorps aident un patient en cours de maladie. Cette approche a beaucoup fait parler d'elle pendant la Covid-19, mais les données sont décevantes : une vaste revue systématique a conclu que le plasma de convalescent ne réduit pas la mortalité chez les patients hospitalisés atteints de Covid-19 et n'apporte que peu ou pas de bénéfice pour la plupart d'entre eux — son rôle reste donc limité et propre à des situations particulières.10 En France, le don du sang et de plasma est encadré par l'Établissement français du sang (EFS).4

Pourquoi on ne « dose » pas le plasma (mais ses composants)

Il n'existe pas de « taux de plasma » sur une analyse : le plasma est un milieu, pas un paramètre. En revanche, on mesure couramment ses composants : l'albumine, les protéines totales (parfois détaillées par une électrophorèse des protéines), le fibrinogène (coagulation), les électrolytes (ionogramme), le glucose (glycémie) ou les lipides (bilan lipidique). Une albumine basse, par exemple, peut traduire une dénutrition, une maladie du foie ou une fuite rénale ou digestive.2 À l'inverse, certaines maladies modifient surtout la fonction de l'albumine plus que sa quantité, ce que la concentration mesurée ne reflète pas toujours.6

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Le plasma transporte des dizaines de paramètres — albumine, protéines, électrolytes, glucose, lipides — qui ne prennent leur sens qu'ensemble et dans votre contexte. C'est ce croisement qui compte, pas une valeur isolée.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le plasma sanguin ?
C'est la partie liquide du sang (environ 55 % du volume), composée surtout d'eau (~90 %) avec des protéines (albumine, anticorps, fibrinogène), des électrolytes, des nutriments, des hormones et des déchets. Il transporte tout ce que le sang véhicule.
Quelle est la composition du plasma ?
Environ 90 % d'eau, 7 % de protéines (dont l'albumine, les anticorps et les facteurs de coagulation) et 1 à 2 % d'électrolytes, nutriments, hormones et déchets.
Quelle est la différence entre plasma et sérum ?
Le sérum est le plasma sans les facteurs de coagulation (dont le fibrinogène) : il s'obtient en laissant le sang coaguler avant centrifugation, alors que le plasma s'obtient sur tube anticoagulant. Sérum = plasma − coagulation.
Pourquoi le plasma est-il jaune ?
Sa teinte jaune paille est normale et vient de pigments comme la bilirubine. Après un repas gras, il peut paraître trouble (lipémie) ; un aspect rosé signale une hémolyse. Ces variations d'apparence peuvent gêner certains dosages.
À quoi sert le plasma ?
À transporter nutriments, hormones et déchets, à maintenir le volume sanguin (pression oncotique de l'albumine), à la coagulation (fibrinogène) et à l'immunité (anticorps).
Peut-on donner son plasma ?
Oui : le don de plasma (plasmaphérèse) prélève le plasma et restitue les cellules, ce qui permet de le donner plus souvent que le sang total. Il sert à fabriquer du plasma thérapeutique et des médicaments dérivés. En France, c'est encadré par l'EFS.
Y a-t-il un « taux de plasma » à lire sur une prise de sang ?
Non : le plasma est un milieu, pas un marqueur. On dose en revanche ses composants (albumine, protéines, électrolytes, glucose, lipides…).

À retenir

Le plasma sanguin est la fraction liquide du sang (~55 % du volume), faite à ~90 % d'eau et de protéines clés : l'albumine (pression oncotique, transport), les anticorps (immunité) et le fibrinogène (coagulation). Le sérum, lui, est le plasma sans les facteurs de coagulation — c'est pourquoi le tube de prélèvement décide de ce que mesure le laboratoire. Le plasma n'est pas un résultat d'analyse, mais on dose ses composants, et il a un usage thérapeutique (don, transfusion, échange plasmatique). Pour comprendre les paramètres qu'il transporte, c'est leur ensemble et votre contexte qui comptent — ce que permet AI DiagMe, en complément de votre médecin.

Sources

Sources officielles et publications scientifiques (PubMed) utilisées pour ce guide :

Footnotes

  1. Assurance Maladie (Ameli) — Le sang et ses composants : analyses et examens. ameli.fr 2

  2. Fanali G, di Masi A, Trezza V, Marino M, Fasano M, Ascenzi P. Human serum albumin: from bench to bedside. Molecular Aspects of Medicine, 2012. PubMed · DOI 2 3 4 5 6 7

  3. Simundic AM, Baird G, Cadamuro J, Costelloe SJ, Lippi G. Managing hemolyzed samples in clinical laboratories. Critical Reviews in Clinical Laboratory Sciences, 2019. PubMed · DOI 2 3 4

  4. Établissement français du sang (EFS) — Le don de plasma et ses utilisations. dondesang.efs.sante.fr 2 3 4

  5. Cervantes CE, Bloch EM, Sperati CJ. Therapeutic Plasma Exchange: Core Curriculum 2023. American Journal of Kidney Diseases, 2023. PubMed · DOI 2

  6. Wu N, Liu T, Tian M, et al. Albumin, an interesting and functionally diverse protein, varies from 'native' to 'effective' (Review). Molecular Medicine Reports, 2023. PubMed · DOI 2

  7. Gong F, Zheng X, Zhao S, et al. Disseminated intravascular coagulation: cause, molecular mechanism, diagnosis, and therapy. MedComm, 2025. PubMed · DOI

  8. Coz Yataco A, Soghier I, Hébert PC, et al. Transfusion of Fresh Frozen Plasma and Platelets in Critically Ill Adults: An American College of Chest Physicians Clinical Practice Guideline. Chest, 2025. PubMed · DOI

  9. Connelly-Smith L, Alquist CR, Aqui NA, et al. Guidelines on the Use of Therapeutic Apheresis in Clinical Practice — Evidence-Based Approach from the Writing Committee of the American Society for Apheresis: The Ninth Special Issue. Journal of Clinical Apheresis, 2023. PubMed · DOI

  10. Iannizzi C, Chai KL, Piechotta V, et al. Convalescent plasma for people with COVID-19: a living systematic review. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023. PubMed · DOI

Avertissement médical. Cette fiche est fournie à titre informatif et éducatif ; elle ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation. Les valeurs de référence varient selon les laboratoires et les techniques : seul votre médecin peut interpréter vos résultats dans votre contexte.