LH : hormone lutéinisante, ovulation et taux normal
LH (hormone lutéinisante) : rôle dans l'ovulation, taux normal selon le cycle, pic ovulatoire, rapport LH/FSH et SOPK. Guide clair et sourcé.
La LH (hormone lutéinisante) est, avec la FSH, l'une des deux gonadotrophines de l'hypophyse. Chez la femme, c'est son pic en milieu de cycle qui déclenche l'ovulation (c'est ce que détectent les tests d'ovulation urinaires) ; chez l'homme, elle stimule la production de testostérone. Son dosage explore les troubles du cycle, l'ovulation, le SOPK et l'hypogonadisme. Ce guide explique le rôle de la LH, le taux normal selon le cycle, et son interprétation. La LH fait partie du bilan hormonal.
En bref
- La LH est une gonadotrophine de l'hypophyse ; son pic déclenche l'ovulation chez la femme.123
- Chez l'homme, la LH stimule la production de testostérone par les testicules.1
- Le taux varie fortement au cours du cycle (bas en phase folliculaire, pic ovulatoire, phase lutéale).2
- On l'interprète avec la FSH et l'œstradiol : c'est leur combinaison qui oriente le diagnostic.
- Le rapport LH/FSH, souvent élevé dans le SOPK, n'est pas un critère diagnostique.45
Qu'est-ce que la LH ?
La LH (hormone lutéinisante) est sécrétée par l'hypophyse, sous le contrôle du cerveau (axe hypothalamo-hypophyso-gonadique).1 Ses rôles :
- chez la femme : après la montée de l'œstradiol en fin de phase folliculaire, un pic brutal de LH déclenche l'ovulation (libération de l'ovule), puis soutient le corps jaune qui produit la progestérone ;2
- chez l'homme : la LH stimule les cellules du testicule qui fabriquent la testostérone.
La LH se dose avec la FSH et l'œstradiol, à un moment précis du cycle. Son interprétation isolée a peu de valeur : c'est l'ensemble qui compte.
Pourquoi doser la LH ?
- explorer des troubles du cycle, une aménorrhée ou un problème d'ovulation (les troubles de l'ovulation font l'objet d'une classification internationale, dite FIGO) ;6
- compléter un bilan de fertilité ou l'exploration d'un SOPK ;
- chez l'homme : devant un hypogonadisme, pour en préciser l'origine (avec la FSH et la testostérone) ;
- pour situer une puberté précoce ou retardée.
Valeurs normales de la LH
Voici des valeurs indicatives (en UI/L). Chez la femme, elles dépendent de la phase du cycle : fiez-vous à votre compte rendu.
| Situation | LH indicative (UI/L) |
|---|---|
| Femme — phase folliculaire | ~ 2 – 10 |
| Femme — pic ovulatoire | ~ 20 – 100 |
| Femme — phase lutéale | ~ 1 – 12 |
| Ménopause | élevée |
| Homme adulte | ~ 1,7 – 8,6 |
À savoir : l'unité est l'UI/L (= mUI/mL). Le pic ovulatoire est très transitoire ; c'est lui que recherchent les tests d'ovulation urinaires. Comme pour la FSH, le moment du prélèvement est déterminant.
Interpréter vos résultats
LH et ovulation
Le pic de LH est le signal de l'ovulation : il survient ~24–36 h avant celle-ci. C'est pourquoi les tests d'ovulation (urinaires) détectent la LH pour repérer la période fertile. Un dosage sanguin de LH, couplé à l'œstradiol et à la progestérone, aide à confirmer qu'une ovulation a eu lieu et à explorer les troubles du cycle.
LH élevée ou basse
- LH (et FSH) élevées : les gonades répondent mal — ménopause, insuffisance ovarienne, ou atteinte testiculaire chez l'homme (hypogonadisme primaire). Voir la FSH pour le détail.78 À la ménopause, les gonadotrophines s'élèvent durablement ; pour autant, ni la LH ni la FSH ne sont nécessaires au diagnostic, qui reste clinique, et l'AMH prédit mieux l'échéance de la ménopause.910
- LH (et FSH) basses ou « anormalement normales » avec des hormones gonadiques basses : origine hypophysaire ou hypothalamique (hypogonadisme central), par exemple une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (stress, perte de poids, sport intense), dont la prise en charge fait l'objet de recommandations dédiées.11
LH, rapport LH/FSH et SOPK
Dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la LH est souvent augmentée, donnant un rapport LH/FSH élevé. Attention : ce rapport est évocateur mais pas diagnostique. Le diagnostic du SOPK repose sur l'association cycles irréguliers + signes d'hyperandrogénie + aspect échographique/AMH, selon les critères internationaux.45
Facteurs d'influence
Chez la femme, l'interprétation dépend du moment du cycle et du statut ménopausique. La contraception hormonale modifie la LH. Le pic est bref et peut être manqué selon le jour du dosage. Signalez votre contexte et le jour du cycle.
Avancées récentes de la recherche
D'après des publications récentes (PubMed) :
- Mieux comprendre le pic de LH. Les neurones à kisspeptine contrôlent la pulsatilité de la LH et le pic préovulatoire qui déclenche l'ovulation — une cible de recherche en fertilité.2
- SOPK : le rapport LH/FSH n'est pas un critère. Le guide international 2023 confirme un diagnostic fondé sur les critères de Rotterdam (avec l'AMH en alternative à l'échographie chez l'adulte), sans retenir le rapport LH/FSH comme critère.4
- Classer les troubles de l'ovulation. La classification FIGO des troubles ovulatoires offre un cadre standardisé (origine hypothalamique, hypophysaire, ovarienne…) pour interpréter LH/FSH dans le bilan de fertilité.6
- Ménopause : un diagnostic clinique. Les gonadotrophines montent, mais la décision repose sur la clinique ; l'AMH est le meilleur marqueur prédictif de l'âge de la ménopause.910
- Aménorrhée hypothalamique fonctionnelle. Cause fréquente de LH basse chez la femme jeune (stress, sous-alimentation, sport intense), elle bénéficie de recommandations spécifiques.11
- Hypogonadisme : localiser avec LH/FSH. La LH et la FSH restent essentielles pour distinguer un hypogonadisme primaire (gonadique) d'un hypogonadisme central.78
Ces résultats concernent le diagnostic et le suivi ; ils n'autorisent aucune automédication et ne remplacent pas l'avis de votre médecin.
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La LH ne se lit jamais seule : son sens dépend de la FSH, de l'œstradiol, du moment du cycle et de votre contexte — voir le bilan hormonal. C'est ce croisement qui donne sa vraie valeur au résultat.
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Questions fréquentes
À quoi sert la LH ?
Quel est le taux normal de LH ?
La LH permet-elle de repérer l'ovulation ?
Qu'est-ce que le rapport LH/FSH ?
Une LH élevée, qu'est-ce que cela signifie ?
À retenir
La LH est une gonadotrophine dont le pic déclenche l'ovulation chez la femme et qui stimule la testostérone chez l'homme. Son taux varie selon le cycle et s'interprète avec la FSH et l'œstradiol. Le rapport LH/FSH est évocateur du SOPK mais non diagnostique. Aucune valeur ne se lit seule : c'est l'ensemble de vos marqueurs et de votre profil qui compte — ce que permet AI DiagMe, en complément de votre médecin.
Sources
Sources officielles et publications scientifiques (PubMed) utilisées pour ce guide :
Footnotes
-
Kaprara A, Huhtaniemi IT. The hypothalamus-pituitary-gonad axis: Tales of mice and men. Metabolism, 2018. PubMed · DOI ↩ ↩2 ↩3
-
Stevenson H, et al. Kisspeptin-neuron control of LH pulsatility and ovulation. Front Endocrinol (Lausanne), 2022. PubMed · DOI ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
Assurance Maladie (Ameli) — Bilan hormonal : LH, FSH ; ovulation et infertilité. ameli.fr ↩
-
Teede HJ, et al. Recommendations From the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab, 2023. PubMed · DOI ↩ ↩2 ↩3
-
Alhassan S, et al. Diagnostic Performance of AMH, LH/FSH Ratio, Testosterone, and Prolactin to Predict PCOS. Int J Womens Health, 2023. PubMed · DOI ↩ ↩2
-
Munro MG, Balen AH, et al. The FIGO ovulatory disorders classification system. Int J Gynaecol Obstet, 2022. PubMed · DOI ↩ ↩2
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Bhasin S, et al. Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab, 2018. PubMed · DOI ↩ ↩2
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Anawalt BD, Matsumoto AM. Aging and androgens: Physiology and clinical implications. Rev Endocr Metab Disord, 2022. PubMed · DOI ↩ ↩2
-
Mishra GD, Davies MC, et al. Optimising health after early menopause. Lancet, 2024. PubMed · DOI ↩ ↩2
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Nelson SM, Davis SR, et al. Anti-Müllerian hormone for the diagnosis and prediction of menopause: a systematic review. Hum Reprod Update, 2023. PubMed · DOI ↩ ↩2
-
Gordon CM, Ackerman KE, et al. Functional Hypothalamic Amenorrhea: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab, 2017. PubMed · DOI ↩ ↩2