LH : hormone lutéinisante, ovulation et taux normal
LH (hormone lutéinisante) : rôle dans l'ovulation, taux normal selon le cycle, pic ovulatoire, rapport LH/FSH et SOPK. Guide clair et sourcé.
La LH (hormone lutéinisante) est, avec la FSH, l'une des deux gonadotrophines de l'hypophyse. Chez la femme, c'est son pic en milieu de cycle qui déclenche l'ovulation (c'est ce que détectent les tests d'ovulation urinaires) ; chez l'homme, elle stimule la production de testostérone. Son dosage explore les troubles du cycle, l'ovulation, le SOPK, la ménopause et l'hypogonadisme. Ce guide explique le rôle de la LH, le taux normal selon le cycle, le déroulé du dosage et l'interprétation d'un résultat élevé ou bas. La LH fait partie du bilan hormonal.
En bref
- La LH est une gonadotrophine de l'hypophyse ; son pic déclenche l'ovulation chez la femme, et elle stimule la testostérone chez l'homme.123
- Le taux varie fortement au cours du cycle (bas en phase folliculaire, pic ovulatoire, phase lutéale) : le moment du prélèvement est déterminant.24
- On l'interprète avec la FSH et l'œstradiol : c'est leur combinaison qui oriente le diagnostic, jamais un chiffre isolé.
- LH + FSH élevées oriente vers la gonade (ménopause, insuffisance ovarienne, atteinte testiculaire) ; LH basse avec hormones sexuelles basses oriente vers l'hypophyse ou l'hypothalamus.56
- Le rapport LH/FSH, souvent élevé dans le SOPK, est évocateur mais pas diagnostique.78
Qu'est-ce que la LH ?
La LH (hormone lutéinisante) est sécrétée par l'antéhypophyse (hypophyse antérieure), sous le contrôle du cerveau : l'hypothalamus libère par pulses la GnRH (hormone de libération des gonadotrophines), qui commande la sécrétion de LH et de FSH. Ensemble, ces deux gonadotrophines forment l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique (HPG), la boucle qui pilote la reproduction.1 Ses rôles diffèrent selon le sexe :
- chez la femme : au fil de la phase folliculaire, un follicule mûrit et libère de plus en plus d'œstradiol ; cette montée d'œstradiol fait basculer l'hypophyse d'un mode « frein » à un mode « libération », produisant un pic brutal de LH qui déclenche l'ovulation (libération de l'ovule). Après l'ovulation, la LH soutient le corps jaune, structure qui fabrique la progestérone pour préparer l'endomètre ;2
- chez l'homme : la LH stimule les cellules de Leydig du testicule, qui fabriquent la testostérone — un signal continu, sans pic mensuel.1
Comme la LH monte et descend avec le cycle et évolue en tandem avec la FSH et l'œstradiol, une valeur isolée de LH dit peu de choses. C'est le profil de plusieurs marqueurs qui porte le sens.
Pourquoi doser la LH ?
Le médecin prescrit un dosage de LH pour :34
- explorer des troubles du cycle, une aménorrhée ou un problème d'ovulation, et compléter un bilan de fertilité ;
- explorer un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), avec les androgènes et l'échographie ou l'AMH ;7
- confirmer une ménopause ou une insuffisance ovarienne quand les règles s'arrêtent tôt ;
- chez l'homme : devant un hypogonadisme (baisse de testostérone), préciser si l'atteinte est testiculaire ou hypophysaire (avec la FSH et la testostérone) ;5
- situer une puberté précoce ou retardée chez l'enfant, la LH étant un marqueur clé de la mise en route de l'axe reproducteur.
Comme les troubles de l'ovulation sont fréquents et hétérogènes, une classification internationale — la classification FIGO des troubles ovulatoires — les répartit en origines hypothalamique, hypophysaire et ovarienne ; la LH et la FSH aident à y situer une patiente.9
Comment se déroule le dosage ?
Le dosage de LH est une simple prise de sang au pli du coude ; il ne nécessite pas d'être à jeun. Ce qui compte bien davantage que le jeûne, c'est le moment du cycle.4
Chez une femme réglée, le prélèvement de référence se fait souvent en début de phase folliculaire (vers J2–J4 du cycle), avec la FSH et l'œstradiol ; pour repérer le pic ovulatoire, plusieurs prélèvements peuvent être programmés en milieu de cycle. Précisez toujours le premier jour de vos dernières règles, la durée de vos cycles et toute contraception hormonale ou traitement de fertilité : tous modifient la lecture du résultat.3 Chez l'homme et l'enfant, la LH s'interprète de même avec les autres gonadotrophines et hormones sexuelles, jamais seule.
Valeurs normales de la LH
Voici des valeurs indicatives chez l'adulte, en UI/L (numériquement identiques aux mUI/mL). Chez la femme, elles dépendent fortement de la phase du cycle ; les valeurs après la ménopause et chez l'homme sont plus stables. Les intervalles de référence varient selon le laboratoire et la technique : fiez-vous toujours à la fourchette imprimée sur votre compte rendu.43
| Situation | LH indicative (UI/L) |
|---|---|
| Femme — phase folliculaire | ~ 1,9 – 12,5 |
| Femme — pic ovulatoire | ~ 8,7 – 76 |
| Femme — phase lutéale | ~ 0,5 – 16,9 |
| Ménopause | ~ 5 – 52 (élevée) |
| Homme adulte | ~ 1,5 – 9,3 |
| Enfant (avant puberté) | très basse (souvent < 0,3) |
À savoir : l'unité est l'UI/L (= mUI/mL). Le pic ovulatoire est très transitoire ; c'est lui que recherchent les tests d'ovulation urinaires, et il peut être manqué selon le jour du prélèvement. Comme pour la FSH, le moment du prélèvement est déterminant, et une valeur isolée n'a guère de sens sans la FSH, l'œstradiol et votre contexte clinique.24
Interpréter vos résultats
LH et ovulation
Le pic de LH est le signal de l'ovulation : il survient ~24–36 h avant celle-ci. Pendant l'essentiel de la phase folliculaire, la LH reste basse ; puis, quand le follicule dominant fait passer l'œstradiol au-dessus d'un seuil, l'hypophyse libère un pic bref et spectaculaire.2 C'est pourquoi les tests d'ovulation urinaires détectent la LH pour repérer la période fertile. Un dosage sanguin de LH, couplé à l'œstradiol et à la progestérone de milieu de phase lutéale, aide à confirmer qu'une ovulation a bien eu lieu et à caractériser un trouble du cycle.
LH élevée
Une LH élevée s'interprète surtout selon ce que fait la FSH au même moment.
- LH et FSH élevées : la gonade répond mal, alors l'hypophyse « pousse » plus fort. Chez la femme, c'est la signature de la ménopause et de l'insuffisance ovarienne ; chez l'homme, elle oriente vers un hypogonadisme primaire (testiculaire).5 Voir la FSH pour le détail. Après la ménopause, les gonadotrophines restent durablement élevées — mais le diagnostic de ménopause reste clinique (12 mois sans règles), et l'AMH en prédit mieux l'échéance que la LH ou la FSH.101112
- LH élevée avec rapport LH/FSH augmenté : c'est un signe classique (mais inconstant) du SOPK, où la LH est souvent élevée de façon disproportionnée par rapport à la FSH — voir plus bas.
- LH élevée transitoire : elle peut simplement refléter le pic ovulatoire — un pic normal et attendu si le prélèvement a été fait autour de l'ovulation.
Chez l'enfant, une LH qui monte dans la zone pubertaire avant l'âge attendu est un marqueur central de puberté précoce centrale : l'axe HPG s'est activé tôt, ce qui justifie un avis d'endocrinologie pédiatrique.
LH basse
Une LH basse — ou « anormalement normale » alors que les hormones sexuelles sont basses — oriente en amont, vers l'hypophyse ou l'hypothalamus, plutôt que vers la gonade. Ce profil (LH basse, FSH basse, œstradiol ou testostérone bas) définit un hypogonadisme central (secondaire), dit hypogonadotrope.56 Causes fréquentes :
- Aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (AHF) chez la femme : l'axe est mis en veille par un déficit énergétique, une perte de poids importante, un sport intense ou un stress chronique — cause fréquente et souvent réversible de LH basse avec absence de règles, encadrée par des recommandations dédiées ;6
- atteintes hypophysaires (par ex. adénome), ou hyperprolactinémie, qui freine les pulses de GnRH ;
- certains médicaments, et les changements hormonaux de la grossesse ou de l'allaitement ;
- chez l'homme, un hypogonadisme central d'origine hypophysaire ou hypothalamique, que la LH et la FSH aident à distinguer d'une atteinte testiculaire.513
Une LH basse n'ayant de sens que si les hormones sexuelles qu'elle commande sont aussi basses, c'est encore le bilan complet, et non le chiffre de LH seul, qui guide l'interprétation.
LH, rapport LH/FSH et SOPK
Dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la LH est souvent élevée par rapport à la FSH, donnant un rapport LH/FSH élevé (souvent cité autour de 2 pour 1 ou plus), reflet d'une pulsatilité de GnRH modifiée. Attention : ce rapport est évocateur mais explicitement pas un critère diagnostique.78 Le guide international 2023 diagnostique le SOPK selon les critères de Rotterdam — association de cycles irréguliers / dysfonction ovulatoire, d'une hyperandrogénie clinique ou biologique, et d'un aspect polykystique à l'échographie ou d'une AMH élevée chez l'adulte — sans retenir le rapport LH/FSH comme test diagnostique.712 Une étude évaluant la performance de ce rapport l'a d'ailleurs trouvé bien moins discriminant que l'AMH ou les androgènes.8 En clair : un rapport élevé peut renforcer la suspicion, mais le SOPK se diagnostique sur des critères, pas sur la LH.
Facteurs d'influence
Plusieurs facteurs ordinaires déplacent la LH ou son interprétation, sans maladie :34
- le moment du cycle — le facteur numéro un chez la femme : la même LH se lit très différemment en phase folliculaire, au pic ovulatoire ou en phase lutéale ;
- la contraception hormonale — la pilule et les méthodes hormonales freinent la LH ; un résultat sous contraception ne reflète pas votre axe de base ;
- le statut ménopausique, la grossesse et l'allaitement, qui élèvent ou modifient l'axe reproducteur ;
- certains médicaments (agonistes/antagonistes de la GnRH, traitements de fertilité, tout ce qui élève la prolactine) ;
- un pic manqué — le pic ovulatoire étant bref, un prélèvement isolé peut le capter… ou le rater.
Signalez toujours votre jour de cycle, votre contraception, vos médicaments et toute possibilité de grossesse.
Quand consulter ?
Un dosage de LH se prescrit et s'interprète avec un médecin, pas en autonomie. Un avis médical est justifié en cas de règles irrégulières ou absentes, de difficultés à concevoir, de signes de baisse de testostérone chez l'homme (baisse de libido, fatigue, troubles de l'érection), de signes de puberté précoce ou retardée chez l'enfant, ou d'un résultat hors de la fourchette de votre laboratoire. Une LH isolément un peu anormale est rarement inquiétante : ce qui compte, c'est le profil avec la FSH, l'œstradiol ou la testostérone, vos symptômes et votre histoire. Voir le bilan hormonal pour comprendre comment ces marqueurs s'articulent.
Avancées récentes de la recherche
D'après des publications récentes (PubMed) :
- Le pic de LH mieux compris. Les neurones à kisspeptine contrôlent la pulsatilité de la LH et le pic préovulatoire qui déclenche l'ovulation — une cible de recherche en fertilité.2
- SOPK : le rapport LH/FSH n'est pas un critère. Le guide international 2023 confirme un diagnostic fondé sur les critères de Rotterdam (AMH en alternative à l'échographie chez l'adulte) ; une étude de performance le trouve inférieur à l'AMH et aux androgènes.78
- Classer les troubles de l'ovulation. La classification FIGO offre un cadre standardisé (origine hypothalamique, hypophysaire, ovarienne…) pour interpréter LH/FSH dans le bilan de fertilité.9
- Ménopause : un diagnostic clinique. Les gonadotrophines montent, mais la décision repose sur la clinique ; l'AMH prédit le mieux l'âge de la ménopause.1011
- Localiser un hypogonadisme. La LH et la FSH restent essentielles pour distinguer une atteinte gonadique d'une origine centrale ; côté femme jeune, l'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (déficit énergétique) est une cause réversible de LH basse.5136
Ces résultats concernent le diagnostic et le suivi ; ils n'autorisent aucune automédication et ne remplacent pas l'avis de votre médecin.
Faites interpréter votre LH par AI DiagMe
La LH ne se lit jamais seule : son sens dépend de la FSH, de l'œstradiol, du moment du cycle et de votre contexte — voir le bilan hormonal. C'est ce croisement qui donne sa vraie valeur au résultat.
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Questions fréquentes
À quoi sert la LH ?
Quel est le taux normal de LH ?
Faut-il être à jeun pour doser la LH ?
La LH permet-elle de repérer l'ovulation ?
Qu'est-ce que le rapport LH/FSH, et diagnostique-t-il le SOPK ?
Une LH élevée, qu'est-ce que cela signifie ?
Une LH basse, qu'est-ce que cela signifie ?
À retenir
La LH est une gonadotrophine dont le pic déclenche l'ovulation chez la femme et qui stimule la testostérone chez l'homme. Son taux varie selon le cycle, s'exprime en UI/L et s'interprète avec la FSH et l'œstradiol. LH + FSH élevées oriente vers la gonade ; LH basse vers l'hypophyse ou l'hypothalamus ; un rapport LH/FSH élevé évoque le SOPK sans le diagnostiquer. Aucune valeur ne se lit seule : c'est l'ensemble de vos marqueurs et de votre profil qui compte — ce que permet AI DiagMe, en complément de votre médecin.
Sources
Sources officielles et publications scientifiques (PubMed) utilisées pour ce guide :
Footnotes
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Kaprara A, Huhtaniemi IT. The hypothalamus-pituitary-gonad axis: Tales of mice and men. Metabolism, 2018. PubMed · DOI ↩ ↩2 ↩3
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Stevenson H, et al. Kisspeptin-neuron control of LH pulsatility and ovulation. Front Endocrinol (Lausanne), 2022. PubMed · DOI ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6
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Assurance Maladie (Ameli) — Bilan hormonal : LH, FSH ; ovulation et infertilité. ameli.fr ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5
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Vidal — Hormone lutéinisante (LH) : dosage et valeurs de référence. vidal.fr ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6
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